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La Chose

La Chose

Sans conteste un des meilleurs Carpenter et sans doute un des grands (mais grands alors...) chef-d'oeuvres de l'horreur des années 80. Mon seul regret est d'avoir été trop jeune à l'époque pour le voir en salle car je pense que les gens ont dû se prendre une véritable raclée visuellement parlant.
C'est évidemment la première chose qui vient à l'esprit quand on évoque 'The Thing', ses effets spéciaux réellement saisissants pour l'époque et une ambiance extrêmement noire, désespérée. Quand on le compare à ce qui se produisait à l'époque, on a du mal à imaginer la somme de travail considérable que Rob Bottin a accompli pour rendre crédible sa créature, au point d'en faire une dépression nerveuse en fin de tournage.
Quel effet numérique, même actuellement pourrait rendre avec autant de véracité cet être protéiforme tout droit sorti de l'univers lovecratien? Les transformations prennent parfois une telle tournure qu'on se croirait égaré dans les pires cauchemars de Jérôme Bosch ou même dans un Dali horrifique... Une telle prouesse peut sans problème rivaliser avec les CGI actuels qui paraissent même bien propres en regard de la tangibilité matérielle de l'alien mode Bottin qui colle, suinte, saigne et dévore sans autre motivation que croître et survivre.
Et si l'exploit du film s'arrêtait juste là! Mais non, nous avons un Carpenter au sommet de sa forme derrière la caméra et un scénar béton qui contribuent à installer un climat de tension absolu. La scène du test sanguin est un modèle du genre qui me fait inévitablement sursauter même après plusieurs visionnages...
Au même titre que 'Prince des ténèbres', on est pas là pour rigoler. On pourrait espérer un peu de lumière au bout de ce tunnel plombé mais la conclusion s'avère totalement ambiguë et dépourvue d'espoir, tant le doute subsiste sur la capacité de l'organisme étranger à se multiplier. Le seul point qui me dérange dans la trame serait un final un peu vite expédié, surtout quand on sait que Carpenter envisageait quelque chose de plus rentre-dedans à l'origine mais passons...
Les décors impeccables (j'ai longtemps cru que le tournage avait réellement eu lieu dans un pays nordique et que le vaisseau avait été monté grandeur nature), la musique sobre mais efficace d’Enio Morricone qui rappelle à certains égards celle de Big John et l’idée même du contexte.
Replacer l’homme dans un milieu quasi sauvage pour affronter quelque chose de totalement étranger… Hum! Qu’on ne vienne pas me dire que 'Predator' ne doit pas un petit quelque chose à ce film. Et encore, l'alien de ce dernier avait une forme humanoïde déterminée, reconnaissable. Dans the Thing, on est face à un être sans âge pour qui le temps ne signifie rien, tellement éloigné de notre conception du vivant et pourtant capable de se jouer de nous avec cynisme (et même de construire une navette spatiale sur le pouce, mince !)… L’histoire n’effleure qu’une partie du mystère, nous en montre assez mais pas trop, de façon à ce que notre imagination fasse le reste. Un modèle d’équilibre en toutes choses.

9.29787

Publié le 1 Janvier 2007

Mad Max

Mad Max

Quand on analyse les raisons de l'accueil très reservé que reçu Mad Max lors de son arrivée en Europe (et plus précisément en France), l'histoire de la fameuse scène choc qui aurait effrayé les pontes de la censure sent le prétexte à plein nez. Je pense plutôt que c'est le contenu politique implicitement exprimé dans le brulôt de Miller qui a surtout poussé certains bien-pensants à juguler sa diffusion. Le monde venait de se prendre les deux chocs pétroliers et l'inquiétude régnait quant au devenir économique de sociétés où le besoin en énergie est d'une importance capitale.
Pourquoi, à votre avis, le postulat de ce film paraît toujours d'actualité aujourd'hui? L'épuisement des ressources de pétrole est un problème bien réel et Mad Max n'est que son extrapolation, furieuse certes mais très lucide. J'ai déclaré un jour sur un forum que selon moi, le futur qui y était décrit était tout a fait plausible, déclenchant pas mal d'hilarité en retour mais je maintient cet avis. Nous sommes trop sûr de notre immuabilité, bravant un monde auparavant sauvage sur la route de la croissance économique, tel Max qui voit alors sa vie et tout ce qui lui était cher voler en éclat. L'ordre social en berne, la famille détruite, la raison perdue, bienvenue dans l'anti-rêve américain...
Reste alors la barbarie, la sauvagerie qui s'exprime dans les travellings nerveux, les poursuites à tombeau ouvert, les affrontements tribaux. L'image du couple aggressé par la bande du Nightrider, par exemple, frappe fort et fait très mal, même aujourd'hui. Ce retour à la loi du plus fort, Miller nous l'envoie en pleine face sans prendre même la peine de donner un point de repère historique. C'est demain, c'est maintenant et ce n'était qu'en sommeil. Notre civilisation n'était qu'une belle illusion et nul ne survivra sans y laisser quelque chose. Le deuxième volet ne fait d'ailleurs qu'appuyer ce constat...

8.69444

Publié le 1 Janvier 2007

Lifeforce: L'Etoile du Mal

Lifeforce: L'Etoile du Mal

Lifeforce est une espèce de bizarrerie filmique qui compose avec différents genres tout en essayant de conserver une certaine cohérence. Lorgnant à la fois sur Alien (Dan O'Bannon a participé au script), le film de vampire vieille école et le jour des morts-vivants (pour le côté zombies enragés et militaires), on se retrouve un peu balloté dans cette histoire qui comporte en fin de compte pas mal de bonnes surprises et quelques défauts...
Visuellement parfois impressionant, à d'autres moments limite ringard, dôté d'un rythme scénaristique assez innégal, ce film a de quoi rendre perplexe (d'autant plus qu'il est à des années lumières du "Massacre à la tronçonneuse" de l'ami Hooper ).

Le ton semble vouloir rendre hommage aux classiques de la science fiction et de l'horreur des années 1960-1970 (voix off à papa en introduction et un long chapitre qui évoque plus l'âge d'or de la Hammer que "Fright Night" ["Vampire, vous avez dit vampire"] ou bien qui ne dénoterait pas dans un Fulci) tout en cherchant à être d'avant garde question trucages. John Dytska aux commandes des effets spéciaux, et primé auparavant pour son travail sur Star Wars, ne faillit pas à sa réputation : animatroniques réussies, FX optiques basés sur le laser, miniatures bluffantes! La destruction finale de Londres, par exemple, comporte un lot de plans visuellement superbes et encore aujourd'hui étonnants quand on sait que tout ça date de 1985. Paradoxalement, on est parfois pris au dépourvu par certaines séquences d'effets complètement bâclées (ou partiellement coupées au montage?) qui dénotent franchement avec le miracle d'inventivité qu'on vient de voir deux minutes plus tôt.

Les acteurs remplissent efficacement leur part du contrat malgrès un jeu parfois un peu poussif (là encore, volonté de sonner retro?) et il est sympathique de voir Patrick Stewart, futur commandant Picard, interprèter ici un universitaire possèdé par le vampire femelle. Cette dernière est d'ailleurs rendue sensuelle au possible par une Mathilda May qui a manifestement pris son rôle très au sèrieux.
Comme mentionné auparavant, l'histoire souffre d'un certain manque de punch. On part sur une voie, puis on dérive sur une autre, et ce tout au long du film. Le mélange des genres est, pour comparaison, bien en deça de la maîtrise d'un De Palma sur "Phantom of the paradise"...
C'est finalement un bon moyen de réaliser à quel point cet exercice peut s'avèrer casse-gueule sans atouts suffisants. Le constat n'est par pour autant ici trop négatif mais disons qu'on risque d'avoir tendance à relâcher son attention au milieu du film, d'autant plus qu'à mon avis, la narration aurait gagné en finesse en gardant un ton plus actuel, moins distancé.

Tour à tour horrifique, érotique, épique, aggrémenté par la superbe partition de Henry Manccini, on doit quand même admettre que Lifeforce tire son épingle du jeu car après tout, peut ne s'agit-il finalement que de nous distraire quitte à écorner les conventions d'usage. Il nous reste aujourd'hui un joli patchwork un peu bordélique mais finalement suffisament décomplèxé pour avoir le mérite d'être vu (et apprècié).

7

Publié le 1 Janvier 2007

Les Noces funèbres

Les Noces funèbres

The corpse bride (Les noces funèbres) _ Tim Burton /Mike Johnson _"Bon Tim, il serait temps de refaire une anime pour Halloween et Noël... Faut qu'on relance une gamme de jouets et d'accessoires dérivés, histoire de faire péter la barre des bénefs de Nightmare before Christmas..." _"No problem guys! J'ai tout ce qu'il faut dans mon placard : des chutes de Beetlejuice et de Sleepy Hollow sur storyboard, deux ou trois références ciné à coincer dans quelques plans, des bouts de partoche de Elfmann et un scènar qui a gagné le concours du journal de Mickey... On torche tout ça très vite et on laisse les gros sous venir." Voilà à peu près ce que je me suis dis en sortant de la séance... Sympa, joli (très joli même parfois) mais plat, sans saveur réelle, sans foi ni poids... Là où Burton aurait pu mordre à pleine dents dans la société bourgeoise, l'Eglise, les à-priori sur la vie, la mort et l'amour, on ne trouve qu'un effleurement sympathique, un propos exsangue qui nous aura fait passer une petite heure et demie aussi instructive qu'un épisode de Buffy ou Charmed... Bref, ça se regarde mais ça n'a rien de franchement édifiant... Et pour preuve, dans l'heure qui a suivi, je me suis refait "Nightmare before Christmas", histoire de mieux comprendre ce qui ne me semblait pas fonctionner. "The Corpse Bride" ne tient pas la comparaison deux minutes... Et c'est par ce biais qu'on saisit mieux le problème, et par extension, ce qui plombe les dernières productions burtonniennes en date. Là ou NBC proposait des univers emboîtés comme des poupées russes, où chaque espace relatif à un protagoniste donné possédait un caractère très affirmé, TCB n'offre que très peu de choses innovantes... On balance vite entre la maison des parents de la mariée, l'église et le monde des morts réduit à un bar et quelques décors pauvrement repompés sur son illustre prédécesseur... La musique qui joue ici un rôle primordial louche méchamment sur les thèmes précédemment entendus et certaines carences narratives sont flagrantes. En terme de dynamique, en effet, on a curieusement l'impression que l'intrigue stagne et que tout est figé, engoncé dans une contrainte de goût établi, où chaque palabre a été préalablement discutée autour d'un cahier des charges. NBC était baroque et enjoué. Les répliques faisaient mouche, les chansons avaient un sens qui alimentait l'intrigue et lui donnait un rythme sans pareil qui ne nous lâchait plus jusqu'au générique de fin. Ici les passages chantés sonnent comme du décorum, présentant une situation donnée : tu es mort, je suis malheureuse, il va y avoir un mariage... Ok, on a compris ce qui se passe, inutile de nous le répéter en chanson. _"Ahh bon?! Mais c'est pour que ton gamin capte tout? Mais cher Tim, ton mouflet comprendrait aussi les aventures de Jack Skellington à son niveau d'interprétation, non?..." Pourquoi avoir bêtifié le propos à ce point... Avoir réduit les enjeux à une performance, certes très fouillée techniquement, mais où on ressent des retournements de situation et des gags amenés avec une grâce pachydermique et où finalement, l'attachement aux personnages principaux s'effiloche inexorablement. Tout ce qui semblait spontané auparavant semble avoir été rationalisé, évalué sur le baromètre du produit de masse... Ca a la couleur de NBC, mais c'est construit comme un dysney standard, où les comportements établis ne doivent pas mordre sur la ligne qui délimite leur rôle : un gentil-gentil-benêt mais pas trop, un méchant-méchant qui fait tout comme le méchant qu'on trouve le mercredi matin dans les émissions pour la jeunesse (et dont la fin hors champ paraît bien palote en regard de celle de Woogie Boogie : typique du syndrome "je passe grand public") et des idiots qui resteront idiots car ils étaient là pour ça : inutile d'expliquer d'avantage pourquoi. Au bilan, Burton et Johnson semblent avoir franchement sous-estimé le travail de Selick, qui avait vu à juste titre au delà du simple divertissement. Ce n'est pas en agençant correctement du décorum qu'on donne une âme à un film... Sinon, côté positif des choses, ça pourra occuper les enfants entre 6 et 12 ans au même titre que "Vaillant" ou le "Livre de la Jungle 2".

8.63636

Publié le 1 Janvier 2007

Le Monde de Narnia : Le Lion La Sorcière Blanche et l'Armoire Magique

Le Monde de Narnia : Le Lion La Sorcière Blanche et l'Armoire Magique

Narnia commence sympathiquement, surfant allègrement sur un décorum Potter (vieille baraque, gouvernante acariatre, papy gâteau et têtes blondes) et le coup classique du passage incongru dans l'autre monde... On vire ensuite dans du conte de fée pur jus et on sent bien que l'auteur d'origine était lié à Tolkien. Andersen est passé au shaker avec de la mythologie grecque à tout va, donc les animaux causent, la magie régente tout et la quête est simpliste.
On peut considérer ce film sous deux angles à mon avis. Le premier est celui du spectacle enfantin avec quelques pointes de noirceur bienvenues et une histoire suffisament directe pour être comprise par les plus jeunes, les faisant ainsi entrer en douceur dans l'héroïc fantasy. Grâce à son bestiaire varié, ses couleurs flashy et la psychologie... comment dire... binaire de la plupart de ses protagonistes, on peut regarder le film en famille tranquillement sans subir un assaut répèté de questions du genre : qui c'est les méchants? pourquoi elle fait ça? pourquoi il meurt? La preuve en est, la salle où je l'ai vu était remplie de bambins et était d'un calme impressionnant. Narnia, one point!

Le deuxième comme vous vous en doutez est celui du spectateur, un peu blasé comme moi par les prods pour jeune public, qui trouve que Narnia s'arrête justement à ses premiers objectifs (distraire et initier des enfants) sans décoller outre mesure du lot. La réalisation fait le minimum syndical : pas d'audace de montage ni de plan à tomber. Certains effets sont bâclés voire carrément moches, le top revenant aux deux castors qui m'évoquaient irrésistiblement deux cacas poilus doués de parole mais dont la pertinence des propos n'auraient pas eu de quoi désorienter les rongeurs qu'ils étaient censé représenter.
Je ne mettrai pas tout dans le même paquet en signalant quand même des centaures et un faune joliment réussis... sinon ça se regarde mais ça reste plutôt moyen techniquement. Evidemment, comme il fallait s'y attendre, la bataille finale repompe LOTR un peu partout, tant pour les plans que pour les idées mais ça demeure quand même un climax efficace sachant que dans l'ensemble, c'est long, répétitif (surtout au début) et plutôt mal joué (les gosses en tête)... En parlant de la bataille, je n'ai pas pu m'empêcher se sourire en voyant des gamins agitant misérablement les bras avec leurs épées, mettre au tapis des minotaures enragés, des goblinoïdes divers et surtout une sorcière 10ème dan qui à priori, avait réussi à réduire un empire en esclavage, mais bon... (prod pour jeunes, grmbl! grum!)

Autre truc que j'ai trouvé particulièrement pitoyable, c'est tout le battage qu'ont fait les intégristes américains autour du film, sachant que le cycle au complet révèle, au dires de l'auteur, une allégorie de la foi chrétienne. A ce stade, on peut prendre à peu près n'importe quel conte et y apposer tout ce qui nous arrange. Du coup, Star Wars ne serait il pas une certaine relecture des évangiles? Vous croyez? En tout cas je retiens la pertinence de la remarque d'un solide gars du texas interrogé à la sortie de Narnia expliquant avec ferveur que le lion serait en fait la représentation de Dieu et la sorcière blanche, du Diable!
Et bé mon salaud, j'aurais pas trouvé ça sans ton aide, tu peux me croire! C'était déjà tellement difficile de distinguer les gentils (visages poupins, couleur dorée, panoplies de Prince de Lu) des méchants (visages émaciés, couleurs froides, poils noirs, ailes membraneuses), que voir l'allégorie dans tout ça, moi j'abandonne!!

7.37931

Publié le 1 Janvier 2007

Batman Begins

Batman Begins

Un traitement inhabituel et pourtant très pertinent du Dark Knight qui fait la part belle à la psychologie et à l'humanité de ses personnages.
La naissance de Batman y est, je trouve, traitée pour une fois avec un certain souci du détail, fait d'ombre et de lumière, finalement assez captivant quand on prend la peine de rentrer dans l'histoire.

Il est vrai que certains afficionados des adaptations ciné de comics trouveront l'intrigue plutôt longuette, voire bancale. L'action prend pas mal de temps à s'installer et l'intrigue ne s'axe pas sécifiquement autour d'un bad guy donné mais plutôt d'une association de malfaiteurs, ce qui s'avère à double tranchant. D'un côté Nolan prend soin d'éviter les caricatures et tente de mettre en scène des adversaires crédibles, sans pouvoirs imaginaires et au mental tordu mais de l'autre, le traitement s'avère un peu court dans la mesure où il faut laisser de la place pour chacun dans un film dont la durée atteint déjà plus de deux heures.
Il aurait été intéressant, par exemple de mieux cerner les motivations de l'Epouvantail, outre le fait de s'être manifestement inscrit au Herbert West Fan Club. Son personnage ambivalent de responsable psychiatrique et de tortionaire mental, souligné par une figure androgyne angélique qui se cache hideusement pour laisser surgir ses pulsions, aurait pu donner un méchant particulièrement attachant (même si, masqué ou non, il évoque irrésistiblement le rôle tenu par Cronenberg dans Nightbreed / Cabal ).
Il en va de même pour Earle, campé par un Rugther Hauer tout en nuance, qui n'est malheureusement par cerné de façon très explicite.
Je trouve cependant que Christian Bale incarne Bruce Wayne à merveille... bien mieux finalement que tous les acteurs précédents. On a enfin un Batman dont la psychologie tourmentée est marquée par un visage fermé, un caractère limite aigri qui a finalement du mal à trouver ses marques dans la société où il est censé jouer un rôle prédominant.
Le personnage ne prendrait d'ailleurs pas tant de profondeur s'il n'était appuyé par un Alfred très subtilement rendu par un Michael Caine au sommet de son art. Les dialogues ne versent pas dans la facilité et le pathos et contribuent grandement à donner une dimension sans précédent à ses personnages dans ce genre de film. Si on a vu précédemment 'Memento' ou 'Insomnia', on sait déjà à quel point Nolan maîtrise très bien la dimension humaine de ses héros, d'autant plus qu'il est ici secondé par S.Goyer au scénar. qui est loin d'être un novice en matière de comics. Ce background torturé est de plus accentué par les effets éprouvants d'un gaz hallucinogène aux vertus retorses qui donne parfois un touche cauchemardesque particulièrement bienvenue dans un univers que les autres adaptations filmées rendaient un peu trop bon enfant. (Burton's touch oblige)

Evidemment tout n'est pas parfait dans Batman begins, son gros défaut étant la mise en scène de l'action qui par opposition, semble être le point faible du réalisateur.
On ne peut pas mettre en cause les chorégraphies de combats qui sont, à mon avis, très bien trouvées mais plutôt ce montage épileptique qui consiste à alterner un plan par demi-seconde avec une précision métronomique pour finalement se retrouver avec un résultat très limite.
Que ce soit pour les poursuites, les scènes d'émeutes, d'explosions (je savais pas qu'ils stockaient autant de kérosène dans ce monastère) ou de baston, on a toujours le même rythme de plans trop rapprochés, pas subtil pour un sou, feignant même! Nolan l'action, ça l'emmerde et ça se voit, ce qui pour un film de cape et de gadgets s'avère plutôt ennuyeux.

Si ce dernier pouvait nous refaire un second essai en s'appliquant un peu plus en termes de bougeote, il pourrait très bien donner jour AU Batman que le plupart des fans attendaient.

8.46269

Publié le 1 Janvier 2007

Inferno

Inferno

Deuxième volet de la trilogie des mères, cet Argento est, à juste titre, considéré par les fans comme son plus grand film avec Suspiria. Esthétiquement, musicalement et du point de vue de la trame, ils sont effectivement assez proches...
On ne peut bien sûr pas passer à côté du décorum absolument envoûtant de ce film.
La demeure new-yorkaise de Varelli, bien que d'apparence massive et sobre, s'avère encore plus grande à l'intérieur. Un domaine maléfique où les rouges sang se disputent aux bleus glacés, où tout n'est qu'enchevêtrement de pièces, caves, greniers aux entrées et aux sorties incongrues. Un lieu de rêve ou de cauchemar mais à l'onirisme indubitable qui nous donne l'impression que l'école de danse de Suspiria n'était qu'un pavillon de banlieue.
Mobilier, éclairages, architecture... tout est destiné à emporter le spectateur malgré lui dans une dimension troublante où tirer un verrou s'avère autant attractif qu'effrayant.

Le travail sonore et musical est également extrêmement travaillé et justement dosé. Les ambiances claustrophobiques alternent aux envolées lyriques de Verdi ou Keith Emerson qui offre ici un score aussi bon que celui de Goblins. Vos yeux sont déjà éblouis, vos oreilles vous trompent, mais comment pourrait-il en être autrement?
La Mater Tenebrarum a le bras long et le sortilège perfide. Peu en réchappent en vérité...
On croirait ressentir la même atmosphère apocalyptique que dans "L'au delà" de Fulci... Animaux et éléments se liguent contre des être humains isolés, les coups de couteau et les fenêtres guillotines pleuvent... Si Argento voulait nous faire ressentir la toute puissance des Mères, c'est plutôt réussi.

On peut tout de même souligner que la trame peut sembler à priori assez décousue :
l'action se situe au début à la fois à Rome et à New York, impliquant le frère de l'intéressée ainsi que sa petite amie, et quelques quidams dont un antiquaire qui finalement méritera bien le sort cruel qui l'attend.
Cette construction à priori déstructurée vise pourtant juste en injectant encore davantage de trouble et de perte de contrôle chez le spectateur, sentiment naturellement induit par les maléfices de la Mère.

Nombre de scènes sont mémorables et témoignent d'une grande virtuosité. On sent que Dario a investi toute son âme et tout son savoir faire dans ce film. En témoigne une des scènes culte de sa carrière, au début de l'intrigue, dans un salon inondé jusqu'au plafond. A la fois déstabilisante par sa gestion des angles et des bruitages, angoissante, érotique et finalement répulsive, elle vous décroche d'entrée la mâchoire et annonce la couleur. Ce spectacle ne sera pas habituel, attendez vous à des surprises.
En témoignent aussi un passage particulièrement réussi avec des chats enragés et un final mémorable ponctué, comme dans le volet précédent, par l’incendie de la demeure.

Inferno n’est pas seulement imaginaire du point de vue de son histoire, il est l’imaginaire en tant qu’essence. Argento couche ici ses obsessions et ses rêves avec une maestria qu’il a trop rarement atteint par la suite.

8.36111

Publié le 1 Janvier 2007

Bubba Ho-Tep

Bubba Ho-Tep

Elvis Presley vieux et malade, qui défend son hospice contre une momie aspirant les âmes par l'anus, aidé par un JFK noir, prétendant que son cerveau est remplacé par des sacs de sable? Improbable me direz vous... Et bien non. Don Coscarelli nous livre ici un film aux antipodes de ce qu'un tel scénario pourrait laisser présager.
Là où on s'attend à un rythme de cartoon et à des duels d'arts martiaux be_bop_ha_lullesques, l'histoire avance au rythme de ses héros grabataires et se situe essentiellement dans la maison de retraite et son jardin. On pourrait évidemment mettre en cause le probable budget rachitique dont disposait Coscarelli et pourtant...

Bubba_Ho_Tep joue justement de ses contraintes pour en tirer une force émotionnelle et des questionnements atypiques de façon absolument remarquable.
Elvis est rongé par la maladie, au même titre qu'il est diminué par une gloire perdue qu'il a autrefois troqué avec un sosie toxico mort à sa place. Ayant également raté sa deuxième chance, il a perdu le goût de s'accrocher à la vie du moins jusqu'à ce qu'un autre roi déchu vienne croiser sa route. Cette momie, allégorie de la Faucheuse qui, quoi de plus naturel, dévore les âmes des pensionnaires de l'hospice, va devenir alors une chance de salut, une nouvelle raison de d'exister pleinement, pour le King sans couronne. Le sursaut de la flamme avant la consummation finale.
La maladie, la vieillesse, la mort et les questionnements qu'elles engendrent en chacun quand elles se font plus pressantes. Voilà le fond de l'intrigue et pourtant...

On rit beaucoup, même si l'émotion nous serre parfois la gorge. L'humour absurde est onmiprésent, inscrit en filigranne du début à la fin. Deux petits vieux complètement mythos vus de l'extérieur, pouvant à peine se déplacer, et qui réglent son compte au roi des morts à grand coup de déambulateur. La momie écrit des trucs obscènes en hiéroglyphes sur les murs des toilettes et Presley qui craque de partout dès qu'il essaye la moindre prise de karaté. Imaginez un peu... Le leitmotiv des gags mettant en scène les deux infirmiers transfèrant les macchabées dans le corbillard ( Coscarelli's touch hein! ) souligne le fait que devant l'innéluctable, l'humour est la seule chance de salut.
Est-il utile de préciser que pour soutenir une telle histoire, les interprètes ont dû mettre les bouchées doubles? Tous les acteurs sont parfaits mais on ne peut que s'incliner devant la performance bluffante de Bruce Campbell, à des années lumières des débordements d'Evil Dead et qui, malgrès tout, nous fait accepter d'emblée le fait qu'il soit le vrai Elvis. Maîtrisé dans ses moindres intonations (VO obligatoire) et dans les gestes les plus subtils, il nous compose ici un personnage incroyablement touchant et jamais carricatural. Il en oculterait presque son sidekick incarné par Ossie Davis, qui est cependant très convaicant lui aussi en Kennedy improbable. On retrouve même avec plaisir Reggie Bannister, un des héros des trois Phantasm, en administrateur de pension aigri...

Que ceux qui s'attendent à un film d'action fun et calibré passent leur chemin. Ils seront immanquablement déçus par le parti_pris de la lenteur. Les autres y verront non seulement une touche d'humour supplémentaire mais pénètrés en plus par une parabole sincère, ils reviendront en état de grâce!

8.53333

Publié le 1 Janvier 2007

Elmer le Remue-Méninges

Elmer le Remue-Méninges

Au même titre que "Basket Case", "Brain Damage" traite d'une relation symbiotique aux conséquences meurtrières, mais vue sous le jour du parasitisme, de la dépendance et par extension de la toxicomanie.

Comment en effet ne pas apparenter le mode d'injection, de ce qu'Aylmer (la créature en forme d'étron / "la drogue c'est de la m***e!" ) lui même définit comme son jus, à l'héroïne entraînant une addiction rapide et des crises de manque terribles. L'univers des bas-fonds New-Yorkais dans lequel se déroule l'action (touche habituelle du réalisateur) ne fait que renforcer la métaphore.

Brian vit une forme d'extase brêve grace aux hallucinations surpuissantes procurées par la substance bio-électrique secrétée par son parasite, être d'un âge pluriséculaire, à la voix flutée et amateur de cervelle fraîche.
Comme tout toxicomane au début, il imagine avoir le contrôle de sa dépendance mais va vite apprendre à ses dépends qu'il est devenu l'esclave de la créature maléfique, pour finir en fait à l'état de simple extension organique et prédatrice de cette dernière...
Au même titre que tout héroïnomane, il se transforme en zombie hagard qui n'a d'autre choix que prendre de force la monnaie d'échange pour sa drogue (les cerveaux) au point même de décérebrer sa copine malgré lui dans un dernier baiser mortel.

On peut noter des scènes gores particulièrement réussies, nottament d'épouvantables delirium tremens causé par les crises de manque. Le passage où Brian s'arrache le cerveau par l'oreille droite, réduit à l'état de cordon putréfié et sanguinolent relève à la fois de l'horreur mais aussi d'une poésie ténébreuse et très graphique.
La touche poétique (qui là encore, est encore vraiment caractéristique de Frank Henenlotter) est ici très présente grâce à l'onirisme hallucinatoire de son héros... On reconnait aussi le versant outrancier et frondeur qui est si joussif dans "Basket Case" ou "Frankenhooker", illustré ici par une fellation fatale trahissant à quel point Brian est déjà le jouet d'Aylmer sans le savoir.

Le final absolument génial, une overdose explosive, nous laisse pantois sur une fin ouverte qui ne va pas sans rapeller "Eraserhead" qui a décidement semé des fruits un peu partout.
L'usage des symboles, la prise de distance choisie dans "Brain Damage", font de ce film une oeuvre à la fois jouissive mais au propos extrêmement pertinent et sensible sur le drame de l'addiction.
Un ton d'apparence naïve, parfois même burlesque, qui ne fait que renforcer la noirceur du message sous-tendu.

Bref "Brain Damage" tue la mort!!!

7.875

Publié le 1 Janvier 2007

Evil Dead 2

Evil Dead 2

Un soir de semaine d'il y a quelques années, me voilà perplexe devant le rayonnage VHS (le dvd à l'époque était encore vendu en bijouterie) horreur / fantastique de mon habituel vidéo club. Aucune idée à priori de ce que je pourrais prendre jusqu'à ce que mes yeux tombent sur un titre manuscrit en lettres de sang : "Evil dead II". Là mon pouls s'accélère et mes doigts agrippent fébrilement la jaquette... Oui c'est bien le même crâne rigolard aux yeux gobuleux qui m'avait tant marqué plus jeune alors qu'il était exposé en place publique sur tous les cinémas aux côtés d'autres "Street Trash" et "Bad taste" (1987 : année de la tripe). Il faisait partie de cette clique de 'mauvais' films qui faisaient tirer la gueule à un certain Ulysse d'une obscure revue à vertus médiatico-culturelle pas orientée du tout idéologiquement (il paraît depuis que ça a changé : la preuve, quand ça passe à la télé, ils sont à genoux devant... c'est bien l'intégrité). Ni une ni deux, je loue le trophée sur le champ et le ramène chez ma douce à bout de bras en chantant l'hymne victorieux des petites grâces du quotidien. Enfin un vrai film d'horreur, un met de choix pas savouré depuis la projection de Braindead : inutile de vous dire que je suis sur les crocs! Je lance le film. Générique et petite explication de départ pour nous présenter l'objet du délit : Necronomico ex_mortiis, le livre ayant le pouvoir d'ouvrir un passage aux abominations de l'outre_monde. On attends que ça! La victime désignée, Ash, vient passer une lune de miel avec l'élue de son coeur dans une cabane isolée en pleine forêt et tombe sur, suprême manque de bol, une bande magnétique où on été enregistrés des extraits du livre maudit. Action! Une vue subjective s'élance furieusement hors des bois jusque dans la bouche de la fiancée d'Ash. Nous en sommes aux premières minutes et l'histoire part déjà au quart de tour. Etonnement dans la pièce... Mais ce n'est qu'une mise en bouche! Pour vous et en quelques images, le match surréaliste d'un anti_héros contre les forces farceuses des ténèbres. Des loopings visuels autour d'un Bruce Campbell aux yeux exorbités, transformé en quelques secondes en bélier humain forestier. Une course poursuite pour faire l'état des lieux de la cabane, une fiancé cadavre pas sympa pour un poil qui a tendance à perdre la tête, un duel d'assiettes frénétique contre une main gauche indépendantiste et un innoxydable : "Who's laughing noooow?!" en point d'orgue lors d'une amputation express à la tronçonneuse. Malaise dans la pièce! Pour ma part, je suis parti au paradis des goreux. Je n'arrive pas à qualifier cet objet horrifique, hilare et hystérique, et pour tout vous dire, c'est jouissif! Je crois que c'est à partir du moment où j'ai vu ce bonhomme, canon scié sur le bras, rire comme un dément avec tous les objets du salon, que j'ai compris que pour moi, il y aurait un avant et un après. Consternation dans la pièce! Ma douce ne comprend pas... Elle tâte mon front pour voir si j'ai de la fièvre. Je dois faire une tête pas rassurante! Cependant nous n'en sommes qu'à la première moitié du film. Je vais me taire... Je ne vous dirai pas ce qu'il y a dans la cave. Je ne vous parlerai pas des possessions en série, de ce qui veille dans la forêt, de l'ouverture du portail, du voyage dans le temps et des visages du démon. Comme moi il vous faudra franchir les étapes, vous laisser investir à votre tour par cette entité retorse et maline qui ne vous laissera pas indemne. Depuis ma douce m'a quitté mais Sam Raimi, lui, pas moyen de l'oublier.

9.04959

Publié le 1 Janvier 2007

Paprika

Paprika

Satoshi Kon renouvelle l'exercice de la mise en abîme et des vertiges spatio-temporels dans lesquels le spectateur se trouve délicieusement surpris voire déboussolé. La trame nous oriente dans un sens, nous donne l'illusion d'un décorum qui se trouve aussitôt brisé et remplacé par un autre. Très vite, on se demande où se situe le rêve et la réalité puisque le film joue en permanence sur les deux plans mais aussi sur la dualité de son héroïne dont l'avatar onirique va s'avérer être bien plus qu'une simple projection personnelle. On se trouve malgré nous aspiré dans un tourbillon narratif où tous les délires possibles prennent vie, à la fois merveilleux et inquiétants, enfantins et pervers. Depuis eXistenz, on n’avait guère vu d'exercice audacieux dans l'interrogation de notre conception erronée du réel, d'autant plus qu'ici, l'interactivité est réellement de mise. Ce tour de force, sublimé par la virtuosité de l'animation de Satoshi Kon, nous emmène bien plus loin que l'ébauche esquissée par Cronenberg. Ici, nul support bio-electronique à cette virtualité. Le seul pod n'est que notre cerveau au potentiel infini quand il s'agit de verser dans le beau ou dans l'atroce. Ce cerveau qui délimite aussi de façon floue, la barrière entre nos rêves et notre vécu réel, ligne de démarcation qui se trouve ici tout bonnement annihilée au point de laisser déferler un rêve dément qui tentera de s'imposer en tant que paradigme universel. De l'intime à l'apocalyptique, du monde de l'enfance à la mégalomanie du dictateur qui sommeille en chacun de nous, Paprika, ce serait un peu Alice au pays des merveilles en mode nippon : drôle, flippant, fou et pourtant profondément raisonné. Foncez voir cette perle!

9.5

Publié le 1 Janvier 2007

Card Player

Card Player

ça se laisse regarder comme une série B de M6 sans pour autant être la débacle à laquelle je m'attendais (mais forcément, quand on craint le pire, on est d'entrée plus indulgent).
Les acteurs semblent y faire un travail de commande sans implication réelle mais l'intrigue reste relativement accrocheuse.
Malgrès quelques passages réussis (poursuite près du canal, découverte de la maison du tueur, dénouement bien fichu) la mise en scène est loin de ce qui caractèrise habituellement Argento.
Il est d'ailleurs symptomatique, chez l'ami Dario, de se planter à chaque fois qu'il essaye de se calquer sur la logique d'une grosse production : Opéra, en dépit d'audaces visuelles rarement atteintes pour l'époque, reste tout de même un baclage narratif complet aboutissant sur un final absurde et poussif qui tente l'effet de surprise habituel des grosses productions. Avec Card Player, cette tentative est mieux maîtrisée scénaristiquement mais retiens quand même le film à un niveau basique, dénué d'inventivité et c'est malheureusement tout le contraire qu'on attend (depuis un moment déjà) du cinéaste génial qui a donné jour à Suspiria. un p'tit 5/10 m'voyez!

5.21053

Publié le 1 Janvier 2007

Twin Peaks: Les 7 Derniers Jours de Laura Palmer

Twin Peaks: Les 7 Derniers Jours de Laura Palmer

J'ai beau le revoir pour la énième fois, je n'arrive pas à me lasser de ce mystère poisseux où des êtres supérieurs aux motivations qui nous dépassent semblent abuser et jouer des âmes de leur victimes... Je sais qu'il vient en complément de la série que j'ai vu il y a trop longtemps déjà (cad quand c'était diffusé sur la Cinquième) mais pris en tant que tel, il devient aussi enigmatique qu'Eraserhead.

Il comporte son lot de scènes choc (ongle retourné en gros plan, cervelle explosée sur un crâne béant), une bande son hallucinante qui préfigure celle de Lost Highway et Sheryl Lee qui livre un rôle atypique dont elle aura d'ailleurs du mal à se départir par la suite (voir 'Vampires' de Carpenter).
Le nombre d'indices livré simultanément semble également très dense, exercice que Lynch confirmera dans 'Mulholland Drive'. Il convient parfois de faire des retours en arrière pour capter un détail qu'on avait pas remarqué de suite ou saisir une phrase étouffée par d'autres dialogues ou bruitages, sachant que rien n'est jamais disposé au hasard dans ses films.

Il est vrai qu'on peut déplorer certaines longueurs mais il ne faut pas oublier que ce film venait en complément d'une série qui possèdait un rythme bien particulier et où l'histoire de chaque protagoniste apparaissant dans l'intrigue etait détaillée. Cela fait à la fois la force de 'Fire walk with me', épaississant le mystère d'une oeuvre à absorber au stade subconscient, mais aussi sa faiblesse, laissant complètement sur la touche ceux qui n'ont jamais suivi les épisodes télévisés.

8.52941

Publié le 1 Janvier 2007

Capitaine Sky et le Monde de Demain

Capitaine Sky et le Monde de Demain

Sky Captain est de ces films qu'on prend un soir de semaine en se disant qu'on peut mater ça à défaut d'autre chose et qui s'avèrent être surprenants. Il est vrai qu'à la lecture de l'intrigue, on peut emettre quelques réticences : des robots géants, dirigés par un savant fou voulant dominer le monde, attaquent New York / Gotham. Le courageux Sky Captain va déjouer ses plans et point...
Cependant, ne nous laissons pas abuser : le soin apporté au design et à la réalisation est tout bonnement stupéfiant, jouissif même! Quand la forme est à ce point fignolée qu'on s'émerveille comme un gosse toutes les deux minutes, on finit par intégrer la naïveté de l'histoire sans aucun complexe, se disant qu'on essaye un manège fabuleux qu'on a envie de recommencer dès le premier tour fini.
L'univers uchronique et steampunk de Kerry Conran a en effet de quoi séduire les afficionados du genre et pourrait sans problème servir d'accompagnement à des perles comme Metropolis (le manga ou le film) ou Steamboy, qui possède curieusement une touche très similaire, ou bien le Château dans le ciel, qui nous présente des machines volantes semblant avoir fortement influencé le réalisateur.

Jude Law, Gwyneth Paltrow, Giovanni Ribisi ont manifestement l'air de s'y amuser comme des mioches eux aussi et sont par ailleurs parfaitement intégrés à cet environnement entièrement numérique à tel point qu'on oublie qu'ils ont tourné devant des écrans verts en seule guise de décor.
On peut aussi prendre note de l'hommage appuyé au cinéma des années 30 que le film est censé figurer de façon outrageusement fantasmée. On peut même souligner qu'il nous présente une version reliftée de la vision qu'avaient les gens de l'anticipation à l'époque... Outre certains plans qui ne manquent pas d'évoquer l'image de propagande d'entre-deux guerres, la touche irrésistiblement retro des robots et divers engins volants participe de l'immersion totale qu'est Sky Captain... Un film univers où les impossibilités physiques deviennent des évidences pour peu qu'elles soient belles et où les retournements de situation les plus énormes peuvent passer pourvu qu'ils nous entraînent toujours plus loin dans l'action et l'aventure. A tel point qu'on finit par se retrouver comme la journaliste et ses deux clichés restants : si elle n'ose pas prendre en photo ce qui nous paraît comme fabuleusement démesuré, cela suppose que la suite nous réserve encore mieux. Coup de génie que ce leitmotiv qui nous incite à trépigner d'impatience sur notre fauteuil!

Préfigurant Sin City par sa méthode de réalisation mais dôté d'un caractère résolument personnel et d'un soin du détail maniaque, Sky Captain ne manquera sûrement pas le coche des oeuvres revisitées et inspiratrices de ces 10 prochaines années.

8.1

Publié le 1 Janvier 2007

Saw

Saw

Faudrait déjà s'entendre sur ce qu'on peut définir comme un film culte. Attendons déjà quelques années pour le savoir...
Saw n'a pas vraiment une touche révolutionnaire et il est évident en le voyant qu'il y a eu un avant et un après Se7en (Fincher nous en produit à la pelle, lui, du film culte, hein, alors ça compte pas). On ne peut cependant que se réjouir à l'arrivée de ce film au budget très modeste qui contourne ce problème grâce à un scénario innovant et des astuces de mise en scène, héritées de l'univers des giallos, tout à fait rafraichissantes.
On a enfin devant les yeux un tueur crédible dont on a pas besoin de nous ressasser la potentielle dangerosité pour y croire. Son 'modus operandi' et l'usage des masques le rendent immédiatement charismatique. Le plaisir que procure 'Saw' est d'ailleurs situé là : le rapport des victimes au tueur, mis en avant au détriment du sempiternel couple de flics qui se fait dessouder en deux temps, trois mouvements.
La mise en condition est abrupte mais efficace. On nous présente les différents meurtres, sur un mode épileptique, histoire de ne plus revenir sur le decorum et aller directement au fait. Monté autrement, il aurait sans doute fallu deux fois plus de temps pour saisir les ficelles de l'intrigue et l'ennui aurait pris le dessus.
Non, James Wan et Leigh Whannell parient sur l'intelligence de leur public et ils font bien. On a vu tant de films basé sur le même pitch alors il serait franchement maladroit de trainer sur des sentiers déjà creusés depuis des années. Le plus important, c'est la partie que le tueur est en train de jouer maintenant, c'est la confrontation de deux hommes enchaînés et retranchés dans leurs limites, c'est le sentiment permanent du Mal victorieux et c'est BON!!!

8.63804

Publié le 1 Janvier 2007

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Devinez le film par sa tagline :

3-D! It's Back! It's Bigger! It's Better! And it's... Comin' At Ya!
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