Critiques spectateurs de Geoffrey
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Companion
Il était attendu ce Companion, pour plusieurs raisons. Mais il a déçu pas mal de gens, et je comprends pourquoi. Parce qu'il m'a (un peu) déçu aussi.
Dans ce thriller horrifique sous tension, Sophie Thatcher (Yellowjackets, Le Croque-Mitaine) joue Iris, une jeune femme qui tente de bien s’intégrer auprès des potes de son mec (Jack Quaid, toujours aussi toxique que dans The Boys), jusqu’au moment où… OUPS, elle en massacre un. Sauf que tout ça cache un twist bien plus grand – que la bande-annonce spoile (donc évitez-la si possible).
Après un début ultra-efficace, le film connaît un petit ventre mou, hésitant entre tension psychologique et action pure. Mais heureusement, il retrouve sa fougue dans un dernier acte explosif, où horreur et ironie mordante font merveille.
Donc, moi, globalement j'ai bien aimé, surtout grâce à l'excellente prestation des acteurs, quelques saillies gore bienvenues et à la grille de lecture féministe.
Publié le 28 Février 2025
Un Noël sans Fin
Les téléfilms de Noël ont-ils enfin trouvé leur pendant horrifique ? Ce film, qui arbore l’esthétique clinquante et sucrée des productions festives de fin d’année, s’amuse à détruire les codes du genre en les mêlant à un slasher tout à fait correct. Dès l’introduction, le spectateur est projeté dans l’action, sans fioritures, et avec une petite originalité : on connaît l’identité du tueur dès les premières minutes. Un choix audacieux qui change la dynamique habituelle en déplaçant le suspense sur le comment l’arrêter, plutôt que sur le qui.
Le tueur, au look évoquant l'alchimiste de Vidocq mais en blanc, n’a rien du boogeyman implacable et invincible : maladroit, il enchaîne les mésaventures à la manière des assassins de Scream, apportant une touche d’humour noir bienvenue. Ce qui renforce cette atmosphère décalée, c’est le regard désabusé de la ville, apparemment habituée aux meurtres en série. Un détail amusant.
Côté casting, on retrouve Justin Long en proto-Trump, dans un rôle caricatural à souhait (peut-être un peu trop, avouons-le), et une apparition de "l’Homme à la cigarette" de X-Files ravira les amateurs de clins d’œil cinéphiles. L'héroïne incarnée par Jane Widdop se montre en revanche plutôt attachante, tout comme la canadienne Jessica McLeod dans un rôle assez touchant.
Mais ce qui risque de faire hurler les anti-wokes, c’est l’aspect représentationnel du film : il coche en effet toutes les cases de la diversité. Cependant, contrairement à d’autres œuvres où cela peut sembler forcé, ici, cela se fait de manière fluide et naturelle, sans que cela n’entrave la narration.
Derrière la caméra, on retrouve le réalisateur de Tragedy Girls qui confirme ici son talent pour mêler horreur, satire sociale et esthétique pop, livrant un slasher fun et efficace. Bref, vous l'avez compris, j'ai bien apprécié ce film, aussi je vous le conseille.
Publié le 9 Février 2025
Wolf Man
Avec WOLF MAN, Leigh Whannell propose une relecture du mythe du loup-garou sous un angle plus intime et psychologique. Plutôt qu’un simple film de monstre, il adopte une approche qui évoque la maladie, la transmission et les liens familiaux, notamment les tensions entre parent et enfant. Ce sous-texte apporte une certaine profondeur au récit et donne au film une identité singulière, éloignée des adaptations classiques du genre.
La réalisation est soignée et immersive, avec des choix visuels audacieux, notamment les séquences en mode "vision du loup-garou", qui plongent le spectateur dans une perception sensorielle déformée. Ces moments participent à la tension et à l’ambiance, même si les yeux brillants peuvent sembler un peu datés et Cheesy. Un autre point fort est la concentration de l’action sur une seule nuit, ce qui resserre le rythme et renforce l’urgence du récit.
Le film ne se prive pas de quelques élans gores bien sentis, apportant des touches de brutalité qui rappellent les racines horrifiques du personnage. Toutefois, cette approche très personnelle et radicalement différente des autres films du genre risque de diviser le public. On est loin du spectacle attendu par certains amateurs de loup-garou, et si cette prise de risque est louable, elle peut aussi laisser une impression de trop peu.
Il n'en reste pas moins que WOLF MAN est une proposition de cinéma intrigante, qui cherche à renouveler un mythe usé jusqu’à la corde. Pourtant, malgré ses bonnes idées et une exécution globalement réussie, il demeure imparfait et se positionne sans doute comme le film le plus faible de son réalisateur. Mais pour ceux qui apprécient les relectures audacieuses et les films de monstres avec une portée plus intime, WOLF MAN mérite d’être tenté.
Publié le 31 Janvier 2025
Out of Darkness
OUT OF DARKNESS se distingue d’emblée par son cadre original : l’action se déroule il y a 45 000 ans, une époque rarement explorée au cinéma, ce qui suscite immédiatement la curiosité. Dès les premières minutes, le film nous plonge dans une ambiance immersive, où l’on suit un groupe d’humains préhistoriques confrontés à une menace mystérieuse qui rôde dans l’ombre. L’atmosphère est lourde, le décor naturel joliment exploité, et la réalisation, bien que modeste, parvient à instaurer une tension palpable.
Le casting est un autre point fort du film : les acteurs livrent des performances convaincantes, réussissant à transmettre les émotions et la rudesse de l’époque sans trop de dialogues explicatifs (d'ailleurs tous dans une langue inconnue).
Malheureusement, si le film démarre avec beaucoup de promesses, il finit par tourner en rond au bout d’une quarantaine de minutes. La montée en tension initiale laisse place à une certaine stagnation narrative, et le suspense, qui était au cœur de l’intrigue, s’étiole progressivement. La révélation du mystère, qui intervient vers une heure de film, manque d’impact et donne l’impression que le reste du récit peine à retrouver son souffle.
C’est d’autant plus frustrant que le film possédait de très bonnes idées et une ambiance unique, mais il aurait gagné à mieux gérer son rythme et son développement narratif. Out of Darkness reste une œuvre intrigante et originale, qui mérite d’être saluée pour son audace, mais qui laisse aussi un goût d’inachevé. Un film correct… mais qui aurait pu être meilleur.
Publié le 31 Janvier 2025
Smile 2
Oui, j’ai du retard ! Et non, je ne suis pas enceinte (déjà parce que c’est physiquement impossible). BREF ! J’ai enfin vu SMILE 2 et, ma foi, c’était plutôt une bonne surprise.
Pour que ce soit clair, j’avais bien apprécié le premier sans pour autant crier au génie, et je trouve que cette suite lui est supérieure, malgré quelques défauts (d’écriture, principalement, car la réalisation est d’un très bon niveau).
SMILE 2 développe donc l’univers et la malédiction présentée dans le premier et il faut bien admettre que c’est parfois maladroit. Par exemple, les « règles de fonctionnement » de la malédiction ne sont pas toujours très claires sur ce qui est possible ou pas, et cette lacune est pour moi le plus gros défaut du film, à l’image de tout ce qui entoure Gemma, l’ancienne meilleure amie de notre malheureuse héroïne.
Et aussi, la conclusion de l’arc du personnage de Peter Jacobson (le Dr Taub de Dr House) est décevante, car cette sous-intrigue ne mène nulle part et se termine de façon abrupte (une possible scène coupée ?). Dommage.
En revanche, j’ai beaucoup aimé l’héroïne incarnée avec conviction par Naomi Scott et tout ce que son personnage raconte sur l’isolement des stars et les pressions qu’elles subissent.
En résumé, SMILE 2 je l’ai trouvé imparfait, mais intéressant et bien réalisé avec quelques sursauts qui font mouche. Pas un incontournable, mais un bon film d’horreur un peu trop long.
Publié le 17 Janvier 2025
Yummy
Arrêtez tout, j'ai trouvé le meilleur film de zombies de ces dernières années, et il est belge !
En quelques mots : YUMMY est fun, gore, bien écrit et bien rythmé.
C'est fou de voir que tout fonctionne, que tout s'emboîte parfaitement bien dans le film de Lars Damoiseaux, alors qu'en soi il ne réinvente rien au sein du genre "zombies", un genre qui a été exploité jusqu'à la moelle depuis près de 50 ans.
Pourtant, si vous aimez les mort-vivants, vous devez le voir ! On n'est pas au niveau de Shaun of the Dead, mais on s'en rapproche très fortement.
Publié le 18 Décembre 2024
Time Cut
Alors, TIME CUT sur Netflix, c'était comment ?
Eh bien, pas foufou et j'en suis navré, parce que sur un principe identique le TOTALLY KILLER sorti il y a quelques mois sur Amazon Prime se montrait bien plus fun et réussi.
Dans TIME CUT (comme dans TOTALLY KILLER donc), une jeune femme se retrouve propulsée dans le passé à une date où des meurtres ont secoué sa petite ville. Et forcément, elle va tenter de les empêcher en essayant de découvrir l'identité de l'individu masqué.
Le problème dans TIME CUT, c'est que tout est fade, des séquences de meurtre aux tourments intérieurs de notre héroïne en passant par les "intéractions" avec le passé. TOTALLY KILLER assumait au moins jusqu'à la caricature d'envoyer une femme de 2024 dans un passé où les normes sociétales étaient différentes, ce qui produisait un contraste amusant, mais dans TIME CUT ça ne dépasse jamais le stade du clin d'oeil inoffensif (et donc pas drôle).
Si au moins l'histoire et les meurtres s'étaient montrés prenants, ça aurait pu passer (nous sommes dans un slasher après tout), mais là aussi c'est un échec puisque tout est cousu de fil blanc, jusqu'à l'identité du tueur qui est, une nouvelle fois, un crachat au visage des geeks.
Bref, TIME CUT, c'est bof. Préférez-lui largement la version d'Amazon Prime intitulée TOTALLY KILLER, donc.
Publié le 29 Novembre 2024
The Substance
Eh bien, quelle bonne surprise ! J'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui n'est pas loin d'être mon coup de coeur 2024.
Seules les 20 dernières minutes m'ont peu sorti de l'ambiance et m'ont paru "trop" à tous les niveaux, à la limite du hors-sujet et de la cohérence psychologique du personnage, mais les 2h précédentes m'ont réellement captivé, que ce soit via le sujet, l'interprétation et la réalisation.
Vraiment, dommage que la fin parte en sucette car on frôlait le chef-d'oeuvre selon moi, mais en l'état THE SUBSTANCE reste un un film à voir et un incontournable de 2024.
Publié le 3 Novembre 2024
Terrifier 3
Alors, on en pense quoi de ce TERRIFIER 3 ?
Je sors de son visionnage et je dois dire qu'il m'a (un tout petit peu) déçu. J'avais trouvé le 2 plus méchant et surtout plus sale.
Après, TERRIFIER 3 reste un film tout à fait correct avec son lot de tripes et d'hémoglobine, et l'amateur en aura pour son argent, mais je ne sais pas si c'est l'histoire un peu trop orientée drama 1er degré ou le look un peu plus lisse de l'ensemble (on sent qu'il y a plus de moyens, ce qui permet d'avoir des images plus cinématographiques), mais j'ai préféré le 2.
Je vous recommande tout de même ce 3ème opus avec enthousiasme, car les scènes sanglantes valent le détour, et Art reste génial.
En définitive, c'est quand il n'est pas à l'écran que le film patine.
Publié le 25 Octobre 2024
Salem
Eh bien, eh bien, eh bien, voilà une chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout: j'ai vraiment beaucoup apprécié cette nouvelle version de Salem !
Je dois avouer qu'au vu des déboires de distribution du film je m'attendais à une catastrophe, mais il n'en est rien ! Je comprends mieux pourquoi Stephen King militait pour que ce film voit le jour, car il est très réussi. Pas parfait, mais suffisamment qualitatif pour mériter le coup d'oeil.
La réalisation et surtout la photographie sont très soignées, et si certains effets spéciaux pourront paraître ringards, j'ai personnellement apprécié cet aspect rétro (les yeux brillants et les croix luminescentes, notamment.)
Bien sûr, on pourra chicaner sur les choix d'adaptation, et à raison, mais en l'état le film se tient, et il se tient même bien.
Vraiment, pour ma part, je le considère comme une bonne surprise, et j'en suis le premier étonné !
Publié le 7 Octobre 2024
Gueules Noires
J'aime beaucoup le cinéma de Mathieu Turi. J'avais bien apprécié MÉANDRE malgré sa fin mystico-pouet pouet, et je trouve que ce GUEULES NOIRES est encore un cran au-dessus, même s'il s'avère blindé de défauts.
Déjà, le film ne manque pas d'ambition, parce qu'un huis-clos souterrain ce n'est clairement pas ce qu'il y a de plus simple à mettre en place, que ce soit sur le plan scénaristique ou purement technique.
Ensuite, Turi a le bon goût de s'inscrire dans l'univers de Lovecraft et de ses œuvres comme Les Montagnes Hallucinées et La Cité sans Nom, avec une exploration souterraine de plus en plus profonde.
Le problème, c'est que le film commet une faute narrative majeure en nous dévoilant sa menace dès l'introduction. Quel dommage ! Car nous allons ensuite passer l'heure suivante à attendre de la revoir. J'aurais personnellement préféré ne pas savoir à quoi m'en tenir et tout decouvrir en même temps que les protagonistes.
Des protagonistes à l'interprétation variable, il faut le souligner. Si Amir El Kacem est irréprochable, Samuel Le Bihan sonne parfois un peu faux (pas toujours heureusement), tandis que Jean-Hughes Anglade m'a semblé carrément à côté de la plaque.
Et pour finir au rayon des points negatifs, la créature, malgré son design réussi, est trop rigide pour être crédible à 100%.
Il n'en reste pas moins que Gueules Noires mérite le coup d'oeil et constitue un bel effort dans le genre du cinéma fantastique français.
Publié le 7 Octobre 2024
We Are Zombies
Foutraque, c'est certainement le terme qui convient le mieux pour désigner le WE ARE ZOMBIES du trio Anouk Whissell, Yoann-Karl Whissell & François Simard, des réalisateurs dont j'avais particulièrement apprécié le travail avec les très bons Turbo Kid et Wake Up.
Malheureusement, la mayonnaise a moins pris avec le présent We Are Zombies, et j'en suis le premier navré, car les comédies zombiesques, je suis client.
Pourtant, les personnages sont attachants malgré leur caractérisation à la truelle et la réalisation est impeccable, mais j'ai trouvé que les péripéties s'enchaînaient sans vraiment de liant et que l'humour n'était pas toujours le bienvenu, affaiblissant des moments qu'il aurait été préférable de traiter un poil plus sérieusement.
On est loin de la catastrophe, je vous rassure, le film se regarde sans aucun déplaisir grâce à ses nombreuses idées, mais il ne restera sans doute pas dans les mémoires.
A voir une bière à la main lors d'une soirée pizza, et entre potes si possible.
Publié le 3 Octobre 2024
Trap
Je vais devoir spoiler un petit peu pour expliquer pourquoi ce film m’a déçu.
TRAP, c’est donc le nouveau film de M. Night Shyamalan, un réalisateur que personnellement je continue à trouver très intéressant malgré de gros faux pas, et j’avais hâte de voir sa nouvelle œuvre (Trap, donc). Et je dois avouer que pendant une quarantaine de minutes, Trap a bien fonctionné sur moi. Le huis-clos est bien tenu et original malgré une suspension d’incrédulité parfois soumise à rude épreuve, mais globalement, ça fonctionne.
Et puis ça devient absurde. Car un peu après sa moitié, le film abandonne son concept et l’action se déplace hors de la salle de concert. Et là, j’ai lâché l’affaire. Entre la chanteuse internationale qui décide de se prendre pour une héroïne et les rebondissements (nuls) en cascade, Trap s’effondre sous sa propre médiocrité scénaristique, et c’est tellement dommage ! Parce que je le répète, mais les 40 premières minutes m’ont vraiment bien plu.
Bref, Trap est donc une déception pour moi, malgré le plaisir de revoir Josh Hartnett (The Faculty forever !), Josh Hartnett qui, pour le coup, se donne à fond, au point de frôler par moment le grotesque.
Publié le 17 Septembre 2024
The Deliverance
Je serais curieux d'avoir vos avis, car pour ma part j'ai plutôt apprécié, sans non plus crier au chef-d'oeuvre (ce qu'il n'est pas).
J'ai particulièrement aimé les personnages, et notamment celui d'Ebony qui est loin de la "mère courage" habituelle puisqu'elle est juste une mère dépassée par les événéments, terriblement humaine et faillible.
Alors, je comprends que ça puisse déranger de suivre une mère qui malmène ses enfants, mais j'ai trouvé ça plus intéressant que d'ordinaire (et la mère malade incarnée par Glenn Close est tout à fait plaisante également).
Pour ce qui est du côté horrifique du film, en revanche, ce n'est que du classique et déjà vu dans le genre "possession / exorcisme", mais c'est difficile de lui reprocher, tant le genre est essoré depuis des années. Ça reste bien fait.
THE DELIVERANCE est donc, selon moi, un film à voir, mais plus pour son côté "critique sociale et relations familiales" que pour son côté horreur.
Publié le 7 Septembre 2024
S.O.S. Fantômes: La Menace de Glace
J'avoue, j'ai un peu traîné des pieds pour voir ce nouveau film de la saga (même si j'avais plutôt apprécié l'épisode précédent "l'héritage").
J'en avais entendu peu de bien et il s'est planté au box-office, mais au final j'ai passé un bon moment.
Bien sûr, c'est blindé de défauts (niveau rythme, réalisation et même interprétation) et certains effets spéciaux sont assez moyens, malgré tout j'ai apprécié cette histoire glaciale (même si on est d'accord que ça n'a pas le charme des deux premiers films, mais était-ce seulement possible ?)
En revanche, je suis d'accord pour dire qu'il faut que la saga en reste là, je pense que tout a été dit et qu'on commence à tourner sérieusement en rond, d'autant plus qu'elle ne parvient décidément pas à se détacher des acteurs originaux.
Publié le 6 Août 2024