Critiques spectateurs de Mister-S

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Coraline

Coraline

Pour en finir rapidement avec les comparaisons faciles, oui, on pense à Burton, et oui, ça peut parfois devenir agaçant à la longue de le voir partout celui-là, tout génie qu'il soit. Seulement Henry Selick n'est pas n'importe qui, et le succès de "l'Etrange Noel de Mr Jack" vient autant de lui que du réalisateur de Beetlejuice et compagnie... Avec Coraline, Henry Selick nous offre une chose devenue trop rare : un film d'animation pour enfants, qui ne sombre pas dans les gag lourdingues déjà-vues des productions en image de synthèse sans âme se plagiant les unes et les autres, un film qui soit beau et sombre. Tout comme Miyazaki par exemple, Selick n'oublie pas que les enfants aiment et ont besoin d'avoir peur aussi, que rien n'est plus sain que ces fantômes et monstres que l'héroïne doit affronter. A force de voir des films prenant les gosses pour des idiots, leur imposant des animaux en image de synthèses qui pètent, rotent et dansent sur les Black Eyed Peas ou des adolescents aux dents blanches qui dansent en jouant au basket, on en vient à oublier les composants des plus belles histoires. La mort, ça existe. La solitude, l'abandon et l'isolement aussi. Henry Selick le sait, mais son film n'est jamais glauque et est au contraire particulièrement vivant, joyeux. Le point de vue enfantin de Coraline magnifiquement bien rendu, elle s'ennuie dans cette vieille maison et se sent mise à l'écart par des parents trop occupés. On s'identifie très facilement à ce personnage sympathique, à l'ami qu'elle se fait (Padbol en VF), on se reconnait, ce sont des personnages simples, humains, drôles et pas des pop-stars aseptisés qu'on colle dans son agenda.

8.85714

Publié le 10 Juin 2011

Paranormal Activity

Paranormal Activity

Sans déconner, Paranormal Activity est sorti en salle, aura des suites et fait plein d'entrées. Mais alors, Paranormal Activity, c'est quoi? Un buzz créé de toutes pièces pour faire croire aux gens qu'ils auront peur, et la masse attirée par la sensation annoncée par la bande-annonce va subir la pire mascarade possible. Si Blair Witch (ou avant encore Cannibal Holocaust) savaient jouer avec les codes du cinéma pour "faire vrai", Paranormal Activity nous fait subir deux mauvais faux-acteurs, des plans en vision nocturne longs pendant lesquels on voit une couette onduler (on pense plus à un pet qu'un vilain esprit...) ou une porte vaguement bouger. C'est si ridicule, les personnages sont si insipides et creux, le film est si esthétiquement inintéressant que ce minimalisme censé instaurer une ambiance ou faire crédible est juste risible. Paranormal Activity n'est pas du cinéma, c'est une belle arnaque. Une preuve que des producteurs qui ont des moyens et la présence d'esprit de vraiment prendre les gens pour des abrutis, ainsi qu'une campagne promotionnelle sont bien plus importants que du talent ou même des idées pour faire des sous aujourd'hui. A aucun moment on n'approche même su statut de "film", le tout n'est qu'une vaste blague qui aurait pu être drôle si elle n'était pas aussi agaçante. Ce film se devait d'être vu en salles par contre, pour constater que oui, des gens ont peur dans la salle, vraiment. Mais alors si regarder un mobilier immobile filmé de haut pendant 10minutes les emplit tant d'angoisse, je n'ose imaginer l'effet que pourrait avoir les suites sur ces gens là : imaginez l'horreur, peut être que dans Paranormal Activity 2, un chien aboie à 3h33 du matin. Et dans Paranormal Activity 3, on atteint un summum d'angoisse quand la chasse d'eau se tire toute seule vers 1h37 de film....

6.47761

Publié le 10 Juin 2011

Sucker Punch

Sucker Punch

Sucker Punch commençait pourtant d'une manière magistrale, dure, violente, sombre. Zack Snyder sait mettre en scène la violence, ça oui. Et la musique qui l'accompagne (une reprise de Sweet Dreams ici) la rend plus viscérale encore, à l'image des meilleures scènes de Watchmen, dont on retrouve ici l'ambiance. Alors pourquoi avoir saboté ainsi une idée de base excellente et particulièrement sombre pour un blockbuster (une jeune fille accusée à tort de meurtre va se faire lobotomiser, se fait abuser sexuellement par le personnel de l'asile, et se réfugie donc dans ses rêves pour échapper à la réalité)? Car le film dérape là où commence la surenchère aperçue dans la bande-annonce. Sucker Punch perd toute sa beauté quand il ne devient plus qu'une accumulation d'effets numériques pénibles, impressionnants techniquement, certes, mais avoir de gros moyens sans savoir les mettre au service de l'émotion est vain. Car à voir des jeunes filles faire des salto aux ralentis en explosant la tronche à des robots samouraïs géants et autres bestioles, on se sent plus face à un clip, ou une bande-annonce de jeu vidéo réalisé par un geek fan de manga que face à l’œuvre cauchemardesque et onirique qu'aurait du être Sucker Punch. Et si finalement, après avoir adapté des œuvres déjà existantes (entre remake et adaptation de comics), Zack Snyder révélait son vrai visage : celui d'un réalisateur de clips branchés plus que de vrais films, un imposteur surestimé ne pouvant s’empêcher de noyer ses éclairs de génie dans une masse d'effets indigestes pour faire mugir l'adolescent boutonneux venu voir des explosions et de la femelle pas trop habillée? Dommage, Sucker Punch est totalement raté et bidon, derrière une idée de base prometteuse.

7.35714

Publié le 10 Juin 2011

Scream 4

Scream 4

Aie, aie, aie, ce Scream 4 suscitait autant de craintes que d'espoirs. Et après deux suites qui sont ce qu'elles sont, on retrouve enfin l'esprit du premier, entre parodies hommages et références à un genre. Scream 4 joue avec la nostalgie du vieux fan de la saga, qui retrouve des personnages vieillis, mais aussi avec l'amateur de cinema d'horreur de manière générale. La voix de Ghostface au téléphone, son machiavélisme...Tout est fait pour nous arracher un sourire béat de bonheur.Craven se fait plaisir, se rend hommage, se fait mousser, et bote au passage le derrière à toutes ces modes hollywoodiennes très hype ces dernières années, les torture-porn sans classe et remake stupides en riant des codes de l'horreur. On peut regretter une fin qui aurait pu être absolument géniale et plus osée si le film avait duré 10minutes de moins, quelque chose de vraiment énorme. Mais le dernier rebondissement permet de finir le film d'une façon jouissive. Et les seconds rôles sont enfin crédibles (en particulier Emma Roberts). Très fun, intelligemment foutu, Scream pourrait bien relancer une mode, une fois encore.

7.61017

Publié le 10 Juin 2011

Evil Dead 2

Evil Dead 2

Excellent film, plus rythmé et délirant que le premier, qui était plus lent et plus sombre. Ici, Sam Raimi propose une sorte de remake de son premier Evil Dead, en plus cartoonesque et plus barré, plus centré sur le personnage de Ash aussi. Bruce Campbell y est excellent, le film est presque un one-man-show, ses mimiques illustrant sa descente progressive vers la folie et l'aspect très physique de certaines scènes le rendent impressionnant. Pas étonnant qu'il devienne une icône. On rit de bon c½ur à certains effets totalement dans l'esprit du cinema gore de la fin des années 80/début 90 (façon Peter Jackson, Stuart Gordon et compagnie), mais Sam Raimi sait aussi instaurer une ambiance étrange et malsaine tout à fait lovecraftienne mettant également mal à l'aise le spectateur (le cadavre décapité qui danse, la tête de cerf empaillé qui éclate de rire par exemple). Alors certes, le film a vieilli, on le voit surtout aux seconds rôles (et leurs coiffures...), mais cela ne fait qu'ajouter du cachet à cette oeuvre, qui trouve un équilibre parfait en délire comique et horreur gore.

9.04959

Publié le 10 Juin 2011

Devinez le film par sa tagline :

Every family has secrets.
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