Voir la fiche complète du film : Saw 5 (David Hackl - 2008)

Saw 5

Un bon épisode qui relance une série ayant fameusement pris un coup dans l'aile avec le numéro 4...
Publié le 1 Janvier 2008 par GeoffreyVoir la fiche de Saw 5
6
Tueur en série

Que de critiques négatives sur cette pauvre série Saw! Alors que tout le monde ou presque s'accordait à dire que le premier épisode était excellent, chaque nouvelle suite déclenche un déluge de railleries dans le petit monde des amateurs de l'horreur (et c'est pas près de s'arrêter avec les futurs opus 6 et 7). On leur reproche d'être uniquement commerciales, ce qui est entièrement vrai reconnaissons-le, mais chaque film qui sort d'Hollywood n'est-il pas fait dans l'espoir de rapporter un maximum d'argent?

L'important dans tout ça c'est le plaisir que retire le spectateur de la vision du film et s'il y a bien quelque chose qu'on ne peut reprocher à la saga Saw, c'est de se foutre de la gueule des gens qui payent pour voir des pièges diaboliques et sanglants. C'est plus que probablement ce qui fait son succès. Mais bref, décortiquons ce cinquième (!) film de la saga d'horreur la plus productive de ces dernières années.


Tu as pêché mon fils, et tu vas être puni...

Il semblerait que le détective Hoffman soit le seul héritier du Tueur au puzzle. Mais lorsque son secret risque d'être découvert, il n'a pas le droit à l'erreur et doit éliminer chaque menace, notamment le tenace agent Strahm. Les pièges vont se multiplier pour se refermer, inexorablement, en déclenchant autant de frissons que de cas de conscience...


C'est ce qu'on appelle se faire mettre en boîte...

Saw 4 avait provoqué un gros coup d'arrêt dans la franchise car son scénario alambiqué, confus, voire stupide avait clairement plombé l'intérêt de la saga. Jigsaw était mort à la fin de Saw 3 mais on tentait encore de nous faire croire qu'il avait élaboré assez de pièges et tout calculé pour que tout se passe exactement comme il l'avait prédit. Fallait quand même pas pousser! Saw 5 avait donc la lourde tâche de faire prendre un nouveau départ à la franchise en éclipsant Jigsaw et de nous présenter son successeur en pleine action.

C'est chose faite malgré que la présence de Jigsaw soit toujours importante. Fort heureusement, cette dernière se fait uniquement via des flashbacks nous décrivant l'"entraînement" d'Hoffman et au passage l'élaboration de certains pièges des précédents films. Cette présence n'est pas gênante dans ce cinquième opus comme elle avait pu l'être dans le numéro 4 car elle se justifie scénaristiquement via Hoffman mais il ne faudrait pas que les scénaristes tirent trop sur la corde pour Saw 6 car il est grand temps que Jigsaw tire sa révérence définitive et Saw 5 constituerait une belle porte de sortie.

Les premiers échos ne vont malheureusement pas dans ce sens mais accordons tout de même le bénéfice du doute au futur sixième film.


Un piège bien sympathique au niveau des souffrances...

Dans l'ensemble, le scénario de ce cinquième opus est plutôt bon et a le mérite de gommer certaines interrogations gênantes qui étaient restées en suspens, notamment comment Jigsaw avait pu être autant renseigné sur ses victimes et de quelle manière il s'était pris pour les kidnapper. Les pièges sont très sympathiques avec en outre le grand retour des pièges à plusieurs qu'on n'avait plus vu depuis Saw 2. Un petit bémol tout de même pour le mécanisme du pendule qui, bien que jouissif à regarder, paraît un peu trop "énaurme". On a un peu de mal à croire que quelqu'un ait eu le temps et les capacités pour mettre seul sur pied une telle mécanique. Mais bon, puisque la scène est bien gore et prenante on pardonnera aisément cette exagération.

L'intrigue est également nettement plus compréhensible et linéaire que dans le numéro 4, ce qui est loin d'être une tare. On suit en parallèle l'enquête de l'agent Strahm qui découvre peu à peu l'identité d'Hoffman et le parcours sanglant de cinq victimes de Jigsaw, le tout entrecoupé des fameux flashbacks. Simple et efficace.

Du coté des acteurs par contre, c'est le calme plat. Tobin Bell fait son Jigsaw habituel mais on commence à y être habitué tandis que Costas Mandylor promène son charisme d'endive dans tout le film. Grosse déception de coté-là car le personnge d'Hoffman aurait mérité plus de sentiments et de déchirements quand on voit ce qui lui arrive mais Costas Mandylor affiche toujours la même tête à l'expression imperturbable. Heureusement que Scott Patterson parait nettement plus crédible dans le rôle du déterminé agent Strahm alors que les acteurs jouant les victimes de Jigsaw font simplement ce qu'on leur demande dans des rôles sans réelle profondeur psychologique.


Tu vas jouer mieux que ça oui!

La réalisation de David Hackl constitue en revanche une bonne surprise. Si elle hérite néanmoins de certains tics de mise en scène de Bousman tels que les fameux travellings accélérés sur les pièges, force est de constater que Hackl n'en abuse pas et que contrairement à son prédécesseur, son montage est nettement moins cut ce qui permet au spectateur d'apprécier un peu plus les mécanismes diaboliques de Jigsaw. Quelques jolies transitions du plus bel effet parsèment en outre le métrage et permettent à l'ensemble de garder une bonne fluidité dans la narration.

Bref, tout ceci concourt à nous offrir une sympathique petite surprise alors que tout le monde prédisait que la saga s'enfoncerait encore plus dans la médiocrité. Certains éléments tels que la fameuse boîte noire ou encore les pièces de puzzle découpées dans la peau des victimes ouvrent la voie pour le sixième opus qui devra néanmoins faire l'effort de se détacher définitivement du Jigsaw orginal s'il veut permettre un renouvellement de la franchise. Si ce n'est pas le cas il y a fort à parier que la suite des événements donnera raison aux détracteurs de la série Saw.
Geoffrey Claustriaux

A propos de l'auteur : Geoffrey
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Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

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