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Lake Alice

Un slasher à moitié assumé qui se perd dans des considérations surfaites et rend l’attente du massacre escompté des plus pénible. Il en ressort un scénario pompeux où l’ambiance générale se cantonne à des plans majoritairement nocturnes ou plongés dans la pénombre. Sans doute pour masquer l’absence de travail sur le contexte, le cadre et la mise en scène…

Publié le 21 Décembre 2019 par Dante_1984Voir la fiche de Lake Alice
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Noël

Au même titre qu’Halloween, Noël semble être le théâtre privilégié pour les pérégrinations de tueurs psychopathes. Du thriller au slasher, on ne compte plus les massacres en règle qui ont lieu lors des festivités de fin d’année. Hormis quelques exceptions notables (Black Christmas en tête), les DTV et autres métrages inédits dans nos contrées se contentent d’une certaine indolence quand il s’agit de développer un tel propos. Outre un manque d’originalité flagrant, la mise en scène et l’amateurisme presque indissociable de ce genre de bobines suffisent à les faire sombrer dans l’oubli. L’un des derniers exemples frappants en la matière reste Secret Santa. Au demeurant, film méphitique et fauché qui faisait peine à contempler.

Mon beau-père et moi !

Avec Lake Alice, on se retrouve dans un cas de figure similaire, mais en des circonstances différentes. Le cadre délaisse l’aspect urbain pour s’imposer dans un environnement isolé, propice à la vulnérabilité des futures victimes. Bien amené, ce choix aurait pu contribuer à instaurer une certaine tension. Or, le nœud du problème réside dans une absence totale de rythme. L’évolution ressemble au tracé plat d’un moniteur de fréquence cardiaque. Il ne se passe absolument rien. L’entame se révèle bavarde et inutile, car elle met en avant des interactions surfaites d’une banalité confondante. Par ailleurs, on ne saisit guère l’origine de l’hostilité des locaux à l’encontre de la famille.

Aucune explication ne sera donnée en aval des événements. Est-ce pour flouer les pistesou laisser planer une aura de mystère? Peu importe étant donné qu’on se perd en palabres et en séquences redondantes où fusent de nombreux clichés. Le père surprotecteur, l’ancien petit ami éconduit, les flics avec un pois chiche en guise de cerveau... Sans être foncièrement détestable, il en émane des portraits sans intérêt dont les comportements et les réactions demeurent hautement prévisibles. Et cela constitue un handicap notable, car l’une des «ambitions» du scénario est d’essayer de faire deviner l’identité du tueur.

Les invités de dernière minute sont-ils toujours indésirables ?

Si les fondamentaux du slasher étaient déjà mal maîtrisés, l’amalgame entre un whodunit bas du front et un home invasion guère oppressant achève l’approche pseudo-cérébrale que tente d’insuffler le cinéaste. Non seulement on se moque bien de qui peut vouloir commettre de tels crimes, mais la prévisibilité de l’intrigue prend clairement le spectateur pour un idiot. De l’aveu de l’antagoniste, même la finalité se montrait trop attendue. À la limite du prétentieux, ce traitement marque une convergence incohérente entre les genres précités. Le plaisir coupable du carnage? Absent. Une atmosphère oppressante? Inexistant. Le twist final? Ridicule.

Bref, les déconvenues s’enchaînent et rendent l’ensemble brouillon dans les intentions, ne contentant à aucun moment le public. Le tueur fait irruption inopinément et le massacre se fait dans la précipitation. Avec un lancer de hache hors cadre, un égorgement ou encore une immolation, on déplore un manque total d’inventivité. Autre élément ridicule qui ne rime à rien: le fait de filmer certains assassinats par le biais d’une caméra amateur. D’une part, on ne comprend pas ce caprice pour «privilégier» certaines victimes. D’autre part, l’aspect voyeuriste ou la mise en scène qui aurait pu jouer sur la subjectivité de l’exercice ne sont apparemment pas dans les compétences du réalisateur.

Soit dit en passant, la batterie est au point mort depuis le début du film...

Au final, Lake Alice est une pénible incursion dans le domaine du thriller horrifique. Si la majeure partie du métrage s’insinue dans les affres du slasher, les influences propres à d’autres sous-genres n’arrangent rien à la confusion générale. Celle-ci concerne uniquement le traitement de fond et le travail derrière la caméra. Pour le reste, l’histoire est affligeante de prévisibilité. Certains tenants restent évasifs sans aucune raison, tandis que la progression demeure lénifiante à plus d’un titre. Ajoutons à cela une absence totale d’atmosphère qui n’exploite à aucun moment le cadre et l’environnement sauvage aux alentours. Un film ennuyeux et indigent tant sur le plan formel que narratif.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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Lake Alice
Réalisateur:
Durée:
80 min
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