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The Dyatlov pass incident

Un found footage au potentiel gâché par un traitement confus, une progression cahoteuse et des personnages sans relief. Ou comment sombrer dans le conventionnel sans rien en retirer (ou presque) de positif.

Publié le 1 Mars 2015 par Dante_1984Voir la fiche de The Dyatlov Pass Incident
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Renny Harlin possède une filmographie pour le moins inconstante, alternants nanars de luxe (Driven, Le pacte du sang...) avec des productions plus recommandables, à tout le moins honnête (Cliffhangher, Cleaner...). Aussi, il est difficile d’aborder l’une de ses réalisations avec une idée arrêtée. De l’appréhension sur le fond, de l’esbroufe sur la forme, les craintes ne manquent pas pour cet homme qui n’est pas effrayé quand il est question de changer de genres (action, thriller, fantastique...). À l’instar de Barry Levinson (The bay), il s’essaye au found footage, genre ô combien décrié parmi les cinéphiles avides de bobines horrifiques...

Apparemment, ça le laisse de glace.

Comme son titre l’indique, The Dyatlov pass incident s’appuie sur un cas survenu en février 1959 dans le nord de l’Oural, en Union Soviétique, où neuf randonneurs sont retrouvés sur le mont Kholat Syakhl. Un mystère demeuré inexpliqué, une affaire étouffée et des théories aussi nombreuses que fumeuses (extraterrestre, démons, hantise...), il n’en fallait pas plus pour donner lieu à une fiction au potentiel de départ assez curieux. D’ailleurs, l’entame confirme et entretient cette aura ambiguë avec une exposition des faits mesurée, en partie grâce à des photos d’archives et des témoignages de première main.

En cela, la mise en scène se base sur un projet de documentaires gérés par des étudiants en justifiant correctement, mais sans véritable surprise, la raison même de l’intrigue. Les premières minutes tentent de multiplier les sources médiatiques (journaux télévisés, Internet...) afin de ne pas restreindre l’histoire dans un carcan d’idées préconçues. Malgré des parasites de circonstances et quelques angles discutables (un rien confus, il est vrai), la réalisation se révèle honnête pour ce type de métrage avec un suivi qui dépeint l’isolement du lieu, ainsi que son hostilité. À cela s’invite la promiscuité de l’expédition.

Photo souvenir !

Sur ce plan, l’évolution se montre beaucoup plus chaotique avec des protagonistes peu marquants, voire semblables en bien des points. On a l’impression de contempler les poncifs du genre assimilables à certains égards aux clichés du slasher. Comprenez, adolescents bourrés d’hormones et obsédés. Un manque de cohérence et de développement qui entache la crédibilité de l’ensemble, élément indispensable pour faire subsister un doute dans l’esprit du spectateur. Enfin, lorsque le travail est bien fait. Au même titre que leur personnage respectif, le casting se montre assez transparent devant le nœud de l’intrigue.

Si le thème principal possède un véritable intérêt, son traitement laisse place à une grande confusion, notamment dans les explications avancées. D’une part, Renny Harlin n’évite pas le piège de sombrer dans une routine lénifiante. Il faut compter une quarantaine de minutes, pour entrer dans le vif du sujet. Surexposition de l’ambiance locale, dialogues creux, progression brouillonne, les handicaps du genre sont ici retranscrits sans rien oublier ou presque. D’autre part, les chemins alambiqués pour parvenir au dénouement multiplient les fausses pistes et autres subterfuges abracadabrants pour tenter de perdre son public.

Même en enfer, il y a des portes à ouvrir...

Extraterrestres, fantômes, démons, complots gouvernementaux, yéti ou l’expérience de Philadelphie... On nous sert un peu tout et n’importe quoi sur ce plateau glacial si bien que chaque hypothèse est évoquée par le biais d’une apparition, d’empreintes isolées dans la neige, d’une langue découpée à proximité d’une station météo (un psychopathe?). On a l’impression que le scénariste ne sait pas trop où il nous emmène, quitte à se perdre lui-même dans des impasses et à repartir en sens inverse pour proposer une autre piste. Outre l’aspect brouillon, il en résulte un melting-pot peu vraisemblable et éparpillé sans jamais vraiment imposer une ligne directrice claire; même la conclusion laisse à désirer en ce sens.

Au final, The Dyatlov pass incident est une déception. Là où tous les ingrédients étaient réunis pour fournir un found footage de qualité, l’intrigue s’égare dans la multitude d’hypothèses avancées. Contrairement à l’atmosphère glaciale qui s’harmonise avec l’environnement, l’histoire tend à évoquer n’importe quoi sans jamais se montrer crédible ou réaliste. À cela, Renny Harlin n’évite pas les écueils du genre avec un ennui évident dans la première partie, et ce, malgré une mise en scène loin d’être vomitive. Il en ressort un film bancal et, chose surprenante, davantage maladroit sur le fond que sur la forme. Dommage.

A propos de l'auteur : Dante_1984
Portrait de Dante_1984

J'ai découvert le site en 2008 et j'ai été immédiatement séduit par l'opportunité de participer à la vie d'un site qui a pour objectif de faire vivre le cinéma de genre. J'ai commencé par ajouter des fiches. Puis, j'ai souhaité faire partager mes dernières découvertes en laissant des avis sur les films que je voyais.

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The Dyatlov Pass Incident
Réalisateur:
Durée:
100 min
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Dyatlov Pass Incident (2013) Renny Harlin's Horror Movie HD

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A great number of hunters - a great number of deer. Statistically something was bound to go wrong.
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