L'Enfer des Armes

8.0
L'Enfer des Armes

Critiques spectateurs

Réalisateur: Tsui Hark Avec Lo Lieh, Bruce Baron, Nigel Falgate, Chen Chi Lin, Ray Lui

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Langanay
Serial Killer - 860 critiques
publié le 19/01/2011 - 20:43
8
 

Actionner avant gunfight

Ce film est à voir, à revoir, et sera revu toujours avec autant de plaisir. Alors oui, le scénario plutôt complexe n'est pas un modèle du point de vue "cohérence de la progression du fil de l'histoire. Mais pour le reste, les personnages sont formidablement ancrés, des scènes sont cultes (dernier quart d'heure...) voir même des micro-scènes (le bras d'honneur). L'image allié à l'action représentent un modèle (loin de l'habituel film de marque hollywood). Indispensable , il y a même, et là aussi c'est du non vu à l'époque hors film horreur, du gore !
Sir Gore
America's Most Wanted - 525 critiques
publié le 01/01/2007 - 00:00
6
 

Brûlot un peu suranné

Après deux premières œuvres soit deux premiers bides cuisants, Tsui Hark décidait de mettre à mal les principes moraux de sa génération en réalisant à l'aube des années quatre-vingt un polar anarchiste: L'Enfer des Armes. L'industrie du cinéma HK jouissait alors lentement mais sûrement d'un bel essor commercial, pendant que le cinéaste revanchard comptait bien balancer son brûlot dans la figure de ceux qui l'avaient dédaigné, tout en l'adressant également à l'encontre d'une société urbaine rongée par la violence.

Hélas, le film dans son propos comme dans sa forme a énormément vieilli. Ce soi-disant nihilisme dont on parle tant n'est en fait qu'un petit quota de scènes provocantes ou dérangeantes placardées au centre d'un métrage souvent ennuyeux, bancal, à l'intrigue mal construite et à l'interprétation pathétique (ce qui concerne en particulier les trois acteurs principaux dans leurs rôles de jeunes bourgeois rebelles, totalement à côté de la plaque). La mise en scène ne produit guère davantage d'étincelles avec ses nombreux plans à l'arraché, son montage bâclé et ses très mauvais éclairages, surtout durant les séquences opaques ou nocturnes. Le ton se fait d'autant plus déplaisant que Tsui Hark n'hésite pas à « emprunter » des bandes originales d'autres œuvres, dont celles du film d'horreur Zombie de George A. Romero et Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill, qui façonnent d'ailleurs l'intégralité de la musique de L'Enfer des Armes — plagiat facile et plutôt honteux. Reste les qualités atmosphériques de l'ensemble. L'univers sombre, insalubre et tout sauf idyllique des bas-fonds de Hong Kong est ici retranscrit avec énormément de profondeur et de crédibilité par un réalisateur qui avait pourtant commencé par s'intéresser – de manière certes nuancée – au wu xia pian. Voilà qui suffit à justifier le fait de voir ce polar bourré de défauts et mal maîtrisé, mais par ailleurs doté d'une certaine valeur historique dans la mesure où il fut l'un des premiers si ce n'est le premier film à avoir enduré la classification locale dite « Category 3 », établie pour les fictions à caractère violent, amoral ou injurieux. Il existe de ce film deux montages: la version distribuée en salles, modifiée et retravaillée sous la demande de la censure de l'époque, et celle reconnue par Tsui Hark en personne. Si certains enjeux scénaristiques diffèrent sensiblement (dans le director's cut, la descente aux enfers des trois jeunes gens est déclenchée non pas par l'écrasement d'un piéton avec une automobile mais par l'explosion d'une bombe dans un cinéma), il n'y a rien qui puisse véritablement distinguer l'une par rapport à l'autre, et l'on pourra même afficher une préférence pour la version salles qui ne contient au moins pas les quelques digressions humoristiques douteuses présentes dans le montage d'origine.

L'Enfer des Armes, polar vaguement provoc et à peine plus violent que la normale, n'est guère représentatif du futur génie de Tsui Hark (Shanghai Blues, Il était une fois en Chine, The Lovers, Time and Tide), réalisateur encore en phase débutante et mal à l'aise dans un genre avec lequel il fera mouche en tant que superviseur ou producteur (la trilogie culte A Better Tomorrow, le déchaîné The Big Heat). Il constitue malgré tout un objet abordable dans la filmographie du talentueux barbichu, valant pour sa saisissante peinture urbaine plus que par ses éléments cinématographiques et réflexifs d'ensemble.

Portrait de Carth Carth
Serial Killer - 710 critiques
publié le 01/01/2007 - 00:00
10
 

Du grand culte

L'enfer des armes est un chef d'oeuvre, un classique et un film culte. Rien que ça! Véritable bombe à retardement sur la société hongkongaise et sur sa violence urbaine, le film de Tsui Hark est un direct du droit en plein dans le menton. La réalisation est comme d'habitude avec ce réalisateur, absolument parfaite arborant quelques plans tout simplement gigantesques, délivrant un rythme frénétique et passionnant. Ici point de concession, il 'n y a pas de gentils : les jeunes bourgeois sont de véritables terroristes amateurs, Wu-Chan est une rebelle dangereuse, Tan (Lo Lieh) est un flic violent et les "blancs" sont la pègre locale, joli programme en perspective! Lorsque l'on regarde L'enfer des armes, il faut savoir discerner les 2 montages différents. Le premier, internationnal et formaté pour plaire aux censeurs est beaucoup plus sombre et direct que le Director's cut. Il développe plus le côté "policier" de l'oeuvre, tandis que le Director's cut enchaîne les plans de frabication de bombes, met en premier plan le trio infernal que l'on voit à présent d'un oeil complètement différent. Il faut dire qu'à travèrs ces deux montages, beaucoup de scènes sautent, rendant le récit totalement différent faisant presque penser que nous sommes en face d'un nouveau film. Tsui Hark enchaîne les scènes cultes grâce à une bande son tout simplement exceptionnelle : Les Goblin en majorité, du Jean-Michel Jare, un passage du très bon "The Warriors" de Walter Hill. Cocktail relativement violent, explosif jusqu'à s'en arracher une jambe, dangereux comme de l'arsenic et terriblement passionnant, l'Enfer des armes est un chef d'oeuvre absolu du cinéma de genre, qui se paye le luxe d'ouvrir la large collection des films classés "Cathégorie III". Il entre par ailleurs direct dans mon top 10.
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An evil as old as friendship.
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