L'Enfer des Armes
Critiques spectateurs
Réalisateur: Tsui Hark Avec Lo Lieh, Bruce Baron, Nigel Falgate, Chen Chi Lin, Ray LuiInscrivez-vous ou connectez-vous pour ajouter votre avis !
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publié le 19/01/2011 - 20:43
Actionner avant gunfight
publié le 01/01/2007 - 00:00
Brûlot un peu suranné
Hélas, le film dans son propos comme dans sa forme a énormément vieilli. Ce soi-disant nihilisme dont on parle tant n'est en fait qu'un petit quota de scènes provocantes ou dérangeantes placardées au centre d'un métrage souvent ennuyeux, bancal, à l'intrigue mal construite et à l'interprétation pathétique (ce qui concerne en particulier les trois acteurs principaux dans leurs rôles de jeunes bourgeois rebelles, totalement à côté de la plaque). La mise en scène ne produit guère davantage d'étincelles avec ses nombreux plans à l'arraché, son montage bâclé et ses très mauvais éclairages, surtout durant les séquences opaques ou nocturnes. Le ton se fait d'autant plus déplaisant que Tsui Hark n'hésite pas à « emprunter » des bandes originales d'autres œuvres, dont celles du film d'horreur Zombie de George A. Romero et Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill, qui façonnent d'ailleurs l'intégralité de la musique de L'Enfer des Armes — plagiat facile et plutôt honteux. Reste les qualités atmosphériques de l'ensemble. L'univers sombre, insalubre et tout sauf idyllique des bas-fonds de Hong Kong est ici retranscrit avec énormément de profondeur et de crédibilité par un réalisateur qui avait pourtant commencé par s'intéresser – de manière certes nuancée – au wu xia pian. Voilà qui suffit à justifier le fait de voir ce polar bourré de défauts et mal maîtrisé, mais par ailleurs doté d'une certaine valeur historique dans la mesure où il fut l'un des premiers si ce n'est le premier film à avoir enduré la classification locale dite « Category 3 », établie pour les fictions à caractère violent, amoral ou injurieux. Il existe de ce film deux montages: la version distribuée en salles, modifiée et retravaillée sous la demande de la censure de l'époque, et celle reconnue par Tsui Hark en personne. Si certains enjeux scénaristiques diffèrent sensiblement (dans le director's cut, la descente aux enfers des trois jeunes gens est déclenchée non pas par l'écrasement d'un piéton avec une automobile mais par l'explosion d'une bombe dans un cinéma), il n'y a rien qui puisse véritablement distinguer l'une par rapport à l'autre, et l'on pourra même afficher une préférence pour la version salles qui ne contient au moins pas les quelques digressions humoristiques douteuses présentes dans le montage d'origine.
L'Enfer des Armes, polar vaguement provoc et à peine plus violent que la normale, n'est guère représentatif du futur génie de Tsui Hark (Shanghai Blues, Il était une fois en Chine, The Lovers, Time and Tide), réalisateur encore en phase débutante et mal à l'aise dans un genre avec lequel il fera mouche en tant que superviseur ou producteur (la trilogie culte A Better Tomorrow, le déchaîné The Big Heat). Il constitue malgré tout un objet abordable dans la filmographie du talentueux barbichu, valant pour sa saisissante peinture urbaine plus que par ses éléments cinématographiques et réflexifs d'ensemble.
publié le 01/01/2007 - 00:00
Du grand culte