Princesse Mononoké
Au XVe siècle, durant l'ère Muromachi, la forêt japonaise, jadis protégée par des animaux géants, se dépeuple à cause de l'homme. Un sanglier transformé en démon dévastateur en sort et attaque le village d'Ashitaka, futur chef du clan Emishi. Touché par le sanglier qu'il a tué, celui-ci est forcé de partir à la recherche du dieu Cerf pour lever la malédiction qui lui gangrène le bras…
Grandiose, magnifique, intense, les superlatifs ne manquent pas après la vision de ce chef-d’œuvre de l’animation nippone. Et une nouvelle fois, le réalisateur n’est autre que Hayao Miyazaki, aussi directeur, d’entre autres, Nausicaa : la vallée du vent, Le château dans le ciel et surtout Le voyage de Chihiro, Excusez du peu. On connaît l’univers très poétique du réalisateur qui dote à chaque fois ses superbes histoires d’un visuel fort. Princesse Mononoké ne fait pas exception à la règle. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un autre Voyage de Chihiro (réalisé après soi dit en passant) au niveau visuel. En effet, Princesse Mononoké se passe à une époque tout à fait différente et raconte une histoire qui n’a absolument rien avoir.
Empreint de mysticisme, de modernité et de légendes, le scénario est relativement simple mais pas simpliste. Mais ce qui en fait sa force, ce sont ses personnages. Que ce soit le héros, la « méchante » (notez l’emploi des guillemets) du film ou la fameuse princesse Mononoké, chacun possède une personnalité forte et crédible. De ce fait, le film est loin d’un manichéisme primaire ce qui est extrêmement passionnant car on voit et comprend les différents points de vue des opposants.
En effet, Lady Eboshi n’est pas une méchante comme on en voit habituellement. Elle veut simplement éviter la faillite de son entreprise et protéger ses filles. Evidemment elle use parfois de méthodes extrêmes pour arriver à ses fins mais elle n’use pas vraiment de violence gratuite. La princesse Mononoké, bien que du coté des gentilles, apparaît parfois comme la mauvaise de l’histoire à cause de sa manière de défendre ses idéaux. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle fait du terrorisme, mais l’idée est là. Cette complexité est donc vraiment intéressante et fait toute la richesse du film.
Et encore, je ne parle pas dans cette critique des différents clans d’animaux à la tête de laquelle se trouve toujours un chef fort. Mention spéciale au chef des sangliers géants, réellement impressionnant malgré son infirmité (il est aveugle).
D’un point de vue visuel, Princesse Mononoké est exceptionnelle. L’animation est fluide, les dessins magnifiques et les représentations vraiment inventives. Le seigneur de la forêt est superbe et la manière dont sont représentés les démons (des espèces de verts noirs qui parasitent le corps) est franchement dégoûtante. Notons aussi la présence de petits bonshommes dont la tête tourne en faisant un bruit d'horloge et qui accompagnent nos héros tout au long du film.
Je pense qu’il est inutile d’en rajouter une couche : si vous aimez l’animation japonaise, jetez-vous sur ce chef-d’œuvre et si vous voulez la découvrir, Princesse Mononoké est un excellent moyen d’apprentissage surtout que le niveau de sang est relativement bas (excepté pour la mort du chef des sangliers, une scène porteuse d'une forte charge émotionnelle).
Un film de Hayao Miyazaki
Avec : Yôji Matsuda, Yuriko Ishida, Yûko Tanaka, Kaoru Kobayashi